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vendredi 13 juillet 2012

La gazette du pénultième

Jeudi 12 juillet: Répète et vibrato!
Qu'on le veuille ou non, ça sent l'écurie...
Encore quelques heures de répétitions, le dîner du condamné, une nuit pour faire le compte de ce que l'on n'a pas fait, et demain, dernier jour, il faudra bien y aller, sur scène!
Alors Messaoud ne fait pas dans la dentelle.
- 9h30, filage Acte I (impatients) : on file, on file... et on file doux: pas question de rire, d'esquisser même un sourire si on se prend les pieds dans le tapis (ou la gamelle de Caruso);
- 11h00, exercices (inquiets) : inspiration-expiration-vibration-concentration...la scène transformée pour une petite heure en une sorte de ménagerie-jardin d'enfants-salle de décompression d'asile d'aliénés-ring de boxe-salle de prière de bonzes inspirés, à grandes envolées collectives de "waoummmmmmmmmmmmmm!", "khâââââââââââââââââââ" (sans le lovely), "hihanhih anhihan", etc, tantôt murmurés, tantôt hurlés, comme cacophonie épanouissante à la fois joyeuse et furieuse pour le plus grand plaisir du maître de cérémonie, Bénito... non, pardon, Messaoud Bouhcine!
On plaisante, on plaisante, mais il n'a pas tort, le bougre, on se sent sacrément mieux après...






- 12h30, déjeuner (épuisés)
- 13h30, révision du texte (rassasiés)
- 14h30, filage Acte II (patients): il faut l'être, patient, car Messaoud a décidé de passer avant par la librairie de la Maison Jean Vilar...Douze bouquins plus tard - avec une heure de retard - nous reprenons enfin notre filage.
- 19h30, Ouf! (ouf...): fin du filage, baisser de rideau!
Accueil de trois nouveaux membres de la famille:
- Hamid Barrada, éditorialiste à Jeune Afrique, producteur et animateur de l'émission "Mais encore" sur la chaîne de télévision  marocaine 2M. Hamid sera,ce vendredi, l'invité de la Leçon de l'Université animée par Joëlle Richetta, sur le thème "Printemps arabes: les nouvelles voies de la coopération arabo-européenne". Vaste programme...


- Salma Lagrouni, actrice, diplômée de l'Isadac, et animatrice radio. Salma interprètera, au cours de "La nuit blanche" à la Fabrik Théâtre d'Avignon, "Badad", adaptation en darija (dialecte marocain) du "Bel indifférent" de Cocteau, pour la compagnie Arta d'Assilah. Le bruit du monde n'est-il pas celui de la bi-culturalité et de l'échange, d'une rive à l'autre?...









- Philippe Lenglet, producteur, toujours par monts et par vaux, mais qui, de New Delhi à Amélie-les-Bains en passant par Los Angeles ou Berlin, n'a jamais raté le rendez-vous de la brochure de présentation de notre projet "Un air de famille... au Maroc"!


Avec les renforts du jour, on pourrait croire la smala Pompes & Macadam réunie en Avignon. Oui, mais non... Jamila, co-adaptatrice de la pièce, n'a pu nous rejoindre pour cette résidence; Badria non plus, pour cause de visa refusé par les autorités françaises, faut-il le rappeler... Enfin un petit salam à Nana-Jolie, la Betty-de-Tanger...

Bon. Ce n'est pas le tout. Ce soir il y a école, comme disait mon grand-père... Et en plus c'est le dernier cours!

lundi 9 juillet 2012

La méthode "messaoudienne" ... suite

Vendredi 6 juillet: Pas de fausse spontanéité !!!

Nous resterons sobres pour rendre compte de cette journée de répétitions...on ne sait plus de qui Joëlle ou la mère, Bouchra ou Soumia, Emmanuelle ou Betty, Hervé ou Henri, Alexis ou Philippe et Anas ou Mehdi...
bref peu importe qui est qui... tout ce beau monde (façon de parler) a joyeusement (re-façon de parler) pataugé dans la méthode "messaoudienne" à grands coups de "Un simple déplacement peut être aussi important et signifiant qu'une réplique!" , "Pas de silences vides !!!", "Pas de fausse spontanéité!!!", "Respectez les déplacements fixés!!!", ou encore "Ne pense pas à la réplique, pense à l'action!!!"... Bref, journée banale d'une pâte à modeler entre les pattes d'un metteur-en-scène inspiré...

et maintenant, un petit jeu !
Un gendarme est dissimulé dans cette image, sauras-tu le retrouver ?
Samedi 7 juillet: l Le Festival 2012 est lancé!

Tous les théâtres de la ville ont ouvert leurs portes et entamé les cadences infernales du marathon d'Avignon: une moyenne de cinq spectacles par jour, de 10h00 à minuit, à peine une demi-heure au total pour toutes les compagnies pour démonter-remonter, maquiller-démaquiller, changer lumières-décors-régie, etc...
Pour notre famille préférée, pas question de lever le pied sous le discutable prétexte de la fin de semaine.
Mais un principe de réalité s'impose: les locaux universitaires ferment leurs portes les samedis et dimanches.
Position de repli: le salon de notre hôte avignonnaise, occasion d'expérimenter la face, sinon cachée, disons moins noble, de la fameuse méthode "messaoudienne" : à "action, réflexion, concentration, passion", etc... nous pouvons sans vergogne ajouter "récupération, décontraction et distraction", quel que soit le lieu de travail! Pour en juger, petit florilège des pauses diverses de la semaine écoulée, en vrac,  café-ordi-dodo... Alors désolé pour la série de photos suivantes: prière d'éloigner les âmes sensibles!

        
Pour nous aussi, première incursion dans l'incroyable offre du "off", soirée à la Fabrik Théâtre:la troupe du Théâtre du Maquis y propose "Les Bougres" de Pierre Beziers...

Dimanche 8 juillet: "Sur le pont d'Avignon... on  y répète!"

Aujourd'hui, un autre principe de réalité s'est imposé: après sept jours de labourage de texte, d'exploration sans cesse plus profonde de personnages, pas de grâce... matinée, Messaoud est intraitable! Tout juste avons-nous gratté une petite demi-heure! Pour le reste, à défaut de pouvoir re-fixer les déplacements (université toujours "off" le dimanche), ce sont les intentions qui sont passées en revue... une fois de plus...
Mais une belle surprise attend la compagnie: ce soir, rendez-vous sur l'île La Barthelasse, pour une rencontre avec une autre famille: la famille Morallès qui a monté son chapiteau juste là, face aux remparts de la Cité des Papes, pour toute la période du festival... Le cirque, c'est le péché mignon de Joëlle et Emmanuelle...Emmanuelle, circassienne de feu depuis son plus tendre âge artistique!
Pour rejoindre la famille Morallès, il faut traverser le Rhône, par la navette fluviale, à deux encâblures  à peine du fameux pont... L'occasion de lancer quelques belles répliques bien senties, sur un air de ....

jeudi 26 mai 2011

Dernier jour de la première résidence...

Comme si la météo était liée a l'humeur ou l'inverse...ce matin le ciel est morose tout comme moi...

Pourtant notre dîner hier soir sur la belle terrasse des Passagers de Tanger donnant sur le grand Socco a été du pur bonheur...
Enfin le temps de parler, de partager et bien sûr de rire !

La présence de Bouchra, de Messaoud et d'Anas émouvant les coeurs des marocains présents me permit de faire plaisir a Nourredine, serveur des Passagers, fan de nos comédiens marocains et encore plus souriant qu'à l'accoutumée - ce que je ne croyais possible.

Belle soirée, beaux partages...

De retour dans l'amphithéâtre d'HEM, nous reprenons sans Hervé, parti raccompagner Alain, dit "le boiteux" à l'aéroport. En effet, notre cher cameraman s'est foulé la cheville -voire plus- dans les escaliers d'HEM hier. Il est reparti clopin clopan ce matin, que ce soit dans le corps ou dans l'âme...
Et oui, ça sent la fin !
Ce soir en effet, les rabatis et casaouis rentrent chez eux...
Et nous retournerons dans nos vies...

Donc ce matin, nous tentons de finir le premier acte. La fatigue semble avoir été apprivoisée par presque tout le monde.. Ou alors l'envie de profiter de ces derniers moments nous motive...

Moi, je suis un peu ailleurs, entre la prise de recul et le rêve.. Je les regarde sans les voir, et comme si je les voyais tous pour la première fois... Le rire de Joëlle regardant Messaoud et Anas me berce et m'enivre...

Je me réjouis de savoir que ce soir elle m'accompagne voir les jeunes de "mémoires d'avenir" pour leur présenter "ses masques".... Cette rencontre va être magnifique et l'échange je l'espère mutuel, profond et généreux.

Je regarde mes compagnons, je m'en imprègne et essaie de les tatouer dans ma mémoire, en souhaitant que le texte ne soit pas la seule chose dont je me rappelle lorsqu'ils seront partis...

Merci Hervé pour ce cadeau.
Merci Messaoud pour la confiance et tout le reste. Maalem diali.

Merci à vous tous pour les moments partagés, la patience et les fous-rires !

mardi 24 mai 2011

Pauses

De l'avis des comédiens, un des meilleurs moments, c'est celui, toujours impromptu, quand Messaoud, notre metteur en scène vénéré proclame : "pause" !
Généralement à la surprise générale.

Alexis

Midi à la cafeteria de HEM

Où sont mes frites ?